Après
Après une nuit pas seul, je remonte le Boulevard de la Gare. C'est l'aube déjà, qui sort de la nuit les bâtiments, gare, immeuble, administrations, qui sont venus une année ou une autre remplacer ceux d'avant, ancienne gare, vieil hôtel collège publique, déclarés bons pour la démolition totale ; place nette ! rond-point, pont, souterrain pour une meilleure circulation ; en un claquement de doigts, changement de décor.
Les cabines téléphoniques ont disparu avant que je m'équipe d'un mobile ; piéton, avec permis pourtant, que les "nouvelles" voitures sur-équipées frôlent sans que je les regarde. Les choses en général me laissent indifférent, je ne comprends pas la passion des gens pour les objets. Si je les observe de préférence de loin, les gens m'intéressent : la disparition de certains objets, les nouveautés qu'on leur vend et qu'ils achètent les changent-ils ?
C'est le temps de la sur-communication. Tous connectés ! Je ne pense pas que l'homme gagnera beaucoup à devenir un être technologique. Nous ne sommes pas (encore) constitués de circuits imprimés, de fils, d'antennes ; les lèvres, la peau, les sexes sont tactiles naturellement... Moi, en tout cas, loin des réseaux sociaux, des débats enflammés entre blogs, ma peau me convient de mieux en mieux... Homme pour toujours*, mais homme comme je veux. Indifférence pour les règles, pas de mode d'emploi. Pas de révolution personnelle, ni encore moins de coup d'état intime... Les choses viennent comme elles viennent parfois difficilement. Surtout ne pas regretter une nuit, cette nuit-là, entre de bonnes mains.
Il est végétal, animal ou minéral, puissant dans tous les cas pour moi, rien que pour moi.
Comment on s'est rencontré ? Pas comme ça : Voyons un peu qui est sur le réseau ce soir.... Mais comment ? Ce serait bien de s'en souvenir pour le retrouver.
* A moins d'être un égérie Dior, je ne vois pas l'intérêt de changer.