Ma capacité d'émerveillement est intacte.
Je veux écrire encore ces mots, encore et longtemps encore.
L'émerveillement là, certain... Que serait-ce d'autre ?
Il ou elle, c'est l'autre et sa complexité comme un écheveau à démêler pour trouver des petites merveilles : pudeur, douceur, orgueil, candeur, complicité, vice, etc.

Il est à côté d'elle. Nous discutons, il et elle assis au bord du grand lit, moi derrière eux sur le lit en chien de fusil.
Il sort d'un shooting. Il est le modèle de pornographes qui le modèle à leur guise. Là, drôle de couleur de cheveux : un roux qui vire au violet.

Il porte un débardeur. Je pose mes mains sur ses épaules nues. Là, c'est incroyable, inouï : sa peau est d'une douceur extrême, les bouts de mes doigts n'en croient pas leurs yeux. Un homme (ou une femme) peut-il avoir une peau aussi douce ? Il me laisse caresser épaules, bras, cou, dos... Tandis que je me délecte de son onctuosité, il continue de causer avec la fille : mon investigation ne l'émeut pas, le laisse insensible, il a l'habitude avec son métier et puis, sa douceur sublime pour celui qui la découvre, il s'y est bien habitué tout comme sont pour lui banals l'étonnement et le ravissement qu'elle suscite.

Lorsque j'arrive son visage et, le faisant taire, effleure l'une après l'autre ses lèvres - elles ne sont pas douces, un peu gercées même -, je provoque en lui un trouble... "Qu'est-ce que je disais déjà ?", demande-t-il... Sans pudeur et sans réaction lorsque je caressais son corps, et troublé par un geste chaste sur ses lèvres... Je suis allé trop loin. J'essaye de casser le malaise que je sens monter : "Oui, de quoi tu parlais ? J'ai oublié aussi... Parfois tu penses à un truc et l'idée t'échappe, c'est bizarre, n'est-ce pas ?
La fille vient à mon secours en rappelant le sujet de la discussion.