La fille arrive essoufflée (elle a couru) mais pimpante devant l'homme au visage renfrogné (comme d'habitude, dirait-elle) :
- Ça va ? demande-t-elle
- Qui ? répond-il
J'aime bien ce petit bout de dialogue dans le film Je me suis fait tout petit de Cecilia Rouaud avec Vanessa Paradis et Denis Menochet.

Je dois prendre le départ d'une course cycliste amateur. J'arrive en dernier dans le grand vestiaire où les coureurs se préparent. Je cherche X, un coureur en particulier qui, à mon avis, est la raison principale pour laquelle je suis là. J'aime le vélo, le beau sans EPO... Mais ce garçon... Attirant. Un type que j'aime : les cheveux en bataille mais le visage doux avec juste le petit éclat malicieux du regard qu'il faut... Nous avons sympathisé dans des circonstances vagues.

Un organisateur annonce : "Nous avons l'honneur et le plaisir de recevoir la visite de ... (roulements de tambour)... Mylène Farmer qui, entre deux concerts à Bercy, a trouvé le temps de venir vous encourager".
Je le savais, je l'ai vu tout à l'heure dans un couloir. Mais je ne suis pas du genre à lui sauter dessus pour lui demander un autographe ou pire une photo (selfie of course)

L'autre jour, je rencontre Benjamin Biolay, sur le quai d'une gare. Arrivant trop tard à la gare, je viens de rater le train de dix-sept heures quelque chose. Auparavant, dans le bus, je suis passé entre les gouttes d'un contrôle. Je n'ai pas de ticket. Je n'ai pas d'excuse, à part le fait qu'en sautant dans ce bus, je pense prendre le n°5 alors que c'est le n°12, dont j'ignore s'il passe par la gare et craint même qu'il m'amène à l'opposé. Il prend la bonne direction mais pour combien de temps, de rues encore ?
C'est à l'arrêt de l'hôtel de ville que les contrôleurs contrôlent les tickets des passagers qui descendent. Je ne peux descendre. D'autres aussi ont peur comme moi que les contrôleurs montent dans le bus. Le bus redémarre sans que ça se produise. Sur la plateforme centrale du bus, en face de moi, un garçon resquilleur se remet de ses émotions. Sur son visage blême coule une larme de peur (ça fait partie des images qui marquent).
Quand j'approche de Biolay, il félicite un gars qui - je comprends - vient de réciter in extenso les paroles d'un de ses titres. Je pense que je pourrais en faire autant, et je dois avoir l'air qui le montre car le chanteur se tourne vers moi : "à vous !"
L'invitation ne s'adresse pas qu'à moi en réalité puisque, tiens !, il y a une fille à mes côtés. Nous nous regardons. Quelle chanson choisir ? En chœur nous répondons "Rose Kennedy"... Je ne connais pas par cœur cette chanson, pourquoi l'ai-je choisie ! La fille commence : "Même si on ne vit que deux fois, que le silence est beau parfois, où sont-ils passés ?..." Elle va me passer le relais au prochain couplet et j'aurais l'air fin si je sèche. Je me défausse en me réveillant...
En revanche, j'aurais bien aimé participer à cette course de vélos. Mais j'ai eu juste le temps de voir au plat que Mylène avait apporté. N'ayant pas pris de petit-déjeuner, j'avais les crocs. Pédaler à jeun, ça risquait d'être dur. C'est un plat de gibier cuisiné en sauce (je la pensais végétarienne). Elle n'a apporté ni assiette, ni couvert, c'est malin. Çà me dégoûte de manger avec les mains, de toucher les os et le gras de la viande.

Je me suis réveillé l'autre jour avec cette chanson dans la tête (c'est la chanson du film Tandem) :