Zinzin
Une histoire à dormir debout... Je rêve d'ailleurs... Ce rêve que tout le monde a fait : se retrouver nu en classe. "Levez-vous s'il vous plait jeune homme, me demande le prof. Mais vous êtes nu ?" Dit-il vraiment cela, et suis-je nu ?... Non, je ne suis pas nu, pourquoi serai-je nu ? Et pourquoi sommes-nous en train de faire des divisions à la main ? Il y a des calcultrices ! Et pourquoi serais-je au lycée ? J'ai mon bac depuis longtemps.
Non, je ne suis pas nu. J'ai des chaussures... et des vêtements qui apparaissent sur moi... Par la force de la pensée, des vêtements apparaissent sur moi et par télépathie ou hypnose, ou un truc comme ça, tout le monde me voit habillé.
Dans la réalité, Pierre ne m'aurait pas parlé de ses activités pour le gouvernement parce qu'elles sont ultra secrètes. Il élimine des personnes pour le gouvernement. Le gouvernement veut éliminer des personnes devenues gênantes, dans son camp surtout, conseillers incompétents par exemple. Pierre déguise en suicide la disparition de ces personnes. Pierre ne les tue pas vraiment : les gêneurs légalement morts sont envoyés aux antipodes ; s'ils reviennent, on sera moins gentils ; de toute façon, ils ont été remplacés.
Nous sommes en milieu d'après-midi. Pierre doit partir plus tôt pour une mission. Il a déjà prévenu le prof. Il s'éclipse à la pause. Je me retrouve seul :(
Nous avons cours au deuxième étage. Je décide de descendre en bas faire un tour. "Descendre en bas", c'est un pléonasme je le sais et, à moins d'être unijambiste, ça paraît tout simple de descendre deux étages d'escaliers. Mais je ne suis décidément pas dans la réalité. Situation récurrente à nouveau : les escaliers "complexes" voire "impossibles". Je sais en posant un pied sur la première marche que le cauchemar commence. Je descends une volée de marches jusqu'à un petit palier. Je dois sauter deux mètres plus bas pour rejoindre les marches suivantes. Normal. Je saute. J'atterris bien. Deux marches qui descendent puis des marches qui montent. Normal. Je n'aurais jamais du prendre ces escaliers. Je vais y rester coincé à monter, descendre, sauter, monter... Les ascenseurs sont moins dangereux. Maintenant, me voilà face à un mur. Il y a juste entre l'escalier et le mur un trou dans le sol assez grand pour que je passe. En-dessous, il y a un sous-sol avec de la lumière. Au point où j'en suis, je passe mon corps à travers le trou, avec souplesse voui voui.
Sur le sol, allongés, nus et lascifs, de jolis garçons. Ca valait le coup finalement de prendre ces escaliers. Je marche vers les corps en me demandant si je dois me deshabiller tout de suite... De jolis garçons allongés, nus et lascifs qui ne sont pas là pour jouer aux dames c'est certain.
Tiens, ils sont attachés, mains liées dans le dos ou sur le ventre. Hum... Mais c'est bizarre : ils sont tous attachés ce qui n'est pas pratique dis donc...
La partouze, ce sera un autre jour. Ces garçons sont prisonniers ! Ils me le disent. "Depuis quand êtes vous là ? - Depuis l'attaque. - L'attaque du train ? - Mais c'était un accident !". Je le sais, j'étais là. Je devais prendre ce train. Mais je me suis perdu dans le souterrain labyrinthique de la gare. Le train a déraillé. Le gouvernement a transformé l'accident en acte terroriste pour se débarasser de quelques personnes. Pour obtenir une confirmation, j'appelle Pierre avec mon portable. "Mais ou es-tu ? - Dans un sous-sol avec des garçons enchaînés ! - Ne bouge pas, j'arrive".
Il va arriver. Et il va me demander de ne rien dire sur ses prisonniers. Dilemme : hésiter entre les droits de l'homme et mes droits sur un homme, sur lui. Droits réduits sur lui, mais dans la balance, je les choisis. Je sais que c'est mal, mais... Mais qu'a-t-il de si spécial ? Tout à l'heure, en classe, à côté de lui, je n'avais d'yeux que pour lui.
Je sais que c'est un rêve : on ne peut pas aimer quelqu'un autant.