Baignée par une lumière très claire, la mer est bleu émeraude.
"Je n'ai rien vu d'aussi beau". C'est la phrase qui me vient, et je crois que c'est vrai.
Une mathématique bleue / Dans cette mer jamais étale / D'où nous remonte peu à peu / Cette mémoire des étoiles.
Je fais glisser la porte vitrée du salon de l'hôtel et, en mettant un pied dehors, je suis déjà sur la grève.
C'est le soir, et l'hiver, et un soir de tempête, et pourtant il y a des gens qui se baignent.
Je me déchausse et mets un pied dans l'eau.
Je ne ressens ni le froid de l'air ni le froid de l'eau. Le froid n'existe pas ici.
Une tempête a été annoncée. Depuis un mois, les tempêtes se succèdent. Les trombes d'eau quotidiennes font déborder et re-déborder les rivières dans la région. La mer est loin d'être calme mais ses hautes vagues n'effraient pas les baigneurs.
Je vois une fillette face à une vague de plusieurs mètres, "elle va se noyer" dis-je à un homme qui regarde aussi la mer. Il ne me répond pas, il regarde tranquillement la vague retomber sur la fille... Elle réapparaît peu après à la surface. D'autres jeunes et moins jeunes vont sans crainte au devant de vagues impressionnantes.
Fascinant.

"C'était tout à fait imméritée. Qu'était-ce donc que cette béatitude de lumière, de profonde pureté du ciel, de fraîcheur d'eau ensoleillée ?", pense le héros de La montagne magique plongé dans un rêve semblable au mien alors qu'il s'est endormi contre un chalet fermé en pleine tempête de neige.

Le froid n'existe pas dans les rêves. Et parfois, c'est la beauté absolue d'une chose, d'un paysage ou d'un instant qui bouleverse... Bouleverse le désordre laid des jours mornes. Et aussi la magie, le fantastique enchanteur, qui émerveille. L'impossible.
Dans le film The impossible, une famille se trouve en Asie du sud-est lors du tsunami du 26 décembre 2004. La vague meurtrière frappe l'hôtel où séjourne la famille. On voit la mère et son fils aîné être emportés par la vague mais réussir à s'accrocher à un arbre. Ils sont secourus et sont emmenés dans un hôpital. Il est fort possible à ce moment-là que le père et les deux autres enfants n'aient pas survécu. L'impossible est arrivé... Mais l'impossible peut être aussi que chacun est survécu et, grâce à un ensemble incroyable de hasards et de coïncidences, ils se retrouvent tous dans le chaos général.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas versé des larmes devant un film. Et des larmes tout court d'ailleurs. Le mélodrame était rudement bien fait il est vrai.

Est-ce qu'on peut se pendre entre deux tempêtes ?Je ne devrais pas écrire cela, ils avaient sûrement leurs raisons. Avec une corde ou une ceinture, dans un bois ou dans une chambre... Je les connaissais à peine, des amis d'amis. Mais ça trouble. Mais moi aussi je dis Nique le blizzard. Ni ça, ni comme ça.

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