Matin
Matin. Généralement c'est la nuit, à la rigueur l'après-midi, à midi pourquoi pas, mais le matin ne se prête guère aux premières fois. Mais bon comme après le ciné, Tanguy m'a lâché pour après un sms reçu, "un pote" qui avait besoin de lui, ce n'était que partie remise, trois jours plus tard...
Il débarque chez moi sur les coups de neuf heures. Je ne l'attendais pas. Il m'avait dit qu'il devait passer ce jour-là un exam' de rattrapage... Je suis en vacances. Je sors très peu. Hors vacances, juste le travail d'ailleurs pour me faire rester plus d'une heure dehors. Quelque chose qui me bloque, bloqué sur un programme quotidien immuable... Jusqu'à ce que j'étouffe... Comme ce jour-là, où je faisais une petite échappée belle dans la nature... Et que je rencontrais Tanguy. Était-ce un rêve ? Sinon, que faisait-il là ? Le hasard aurait-il joué en ma faveur pour une fois ? "Alors, qu'est-ce que tu décides ?" Tanguy qui surgit et me sort de mon apathie (confortable jusqu'à un certain point).
Prenant mon petit-déjeuner dans la cuisine, je l'entends arriver, ses pas faisant craquer le gravillon blanc devant ma maison. En regardant par la fenêtre, je le vois revenir sur ses pas pour fermer le portillon vert qu'il a laissé ouvert.
"Tu n'es pas à la fac à cette heure-ci ?
- Non, c'est à 10 heures... répond-il avec un air nonchalant tandis que je le fais entrer... Et j'ai besoin de toi !" ajoute-il avec plus d'énergie. Me voilà bien ! "T'es fort en maths ?
- Oui enfin...
- Tu ne pourrais pas passer mon examen à ma place, moi, je n'y comprends rien.
- Oh la ! Les maths, tu sais, je n'en ai pas faits depuis la fin de mes études il y a 2 ans. Et puis je ne connais pas ton programme. Tu sais que ça varie beaucoup les maths entre les filières.
- Je me demande toujours pourquoi ils mettent des maths en marketing. Allez, tu feras toujours mieux que moi.
- Mais de toute façon, ils vérifient les identités, je ne peux pas me faire passer pour toi.
- Je sais..."
Je suis désolé de ne pas pouvoir l'aider. Si on s'était retrouvé plus tôt, j'aurais pu le faire réviser.
"Mais je ne suis pas venu pour rien, hein ? T'as pas envie de... ? Montre-moi ta chambre", dit-il en articulant délicatement les mots... La même délicatesse que celle dont il avait usée en plantant sa cigarette dans ma bouche à la sortie du cinéma. La terre a tremblé sous mes pieds à ce moment-là. Par association d'idées, je me suis retrouvé à Los Angeles, au moment d'un micro-séisme. Mais je n'ai pas perdu le fil. La suite ici ou ailleurs.