Tout commence en musique, un vieux rock yéyé d'un groupe disparu repris opportunément par quatre garçons dans le vent, des ados des années 2010.

De la scène aux coulisses, je suis le groupe.

Je ne suis pas leur manager ou leur producteur, j'ai plus de pouvoir(s) sur eux : je suis leur créateur. Comme des poupées, je les habille, les déshabille, et, comme je suis d'humeur joueuse, les voilà nus dans une loge.

Quatre. Ils sont là pour moi. Mon désir est souverain pour moi et pour eux, d'un regard je suis certain de le transmettre à l'élu de ma queue, je suis certain qu'il va aimer ce que je vais lui faire, une certitude absolue.

J'ai des petites mains. Dix-huit centimètres, huit pour le majeur... Mais nous n'irons pas si loin bien que mes deux mains prennent la bonne voie entre ses fesses blanches. Egoïste jusqu'à l'extrême, je ne me soucie pas de son plaisir, le considérant comme certain : il n'est pas nécessaire qu'il l'exprime...

Quand je veux l'embrasser, je suis pris à mon propre jeu : sa tête tournée vers la gauche, il reste immobile comme un mannequin de cire alors que je tends ma bouche ; s'il est comme une statue, je suis tétanisé par le désir et c'est avec grande peine que j'essaye d'approcher ma bouche ; les deux mains prises, le marionnettiste que je dois devenir à cause de sa passivité n'arrive pas à prendre son visage et le tourner vers le mien... Il y a bien le cou, mais je veux la bouche... Je parviens à atteindre mon but et c'est avec délectation que je prends sa bouche entre mes lèvres avec force et conviction.

Argh ! Le téléphone sonne... Il faut répondre et lâcher la bouche...

C'était tout de même bien.

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