La vie quoi
Sens. Sensibilité, sensualité. Entre les deux. Je veux car je peux. Il peut s'occuper de moi sans lâcher l'autre. Bien sûr, l'autre va être privé d'attentions exclusives, mais cette main libre, autant qu'elle serve. Et qu'elle serve sur moi.
J'ai vu derrière les yeux mi-clos un garçon un autre. Une pincée de sel en plus.
Doucement glisser un mot à l'oreille... une main à l'endroit, une main à l'envers, un regard à chaque oeil, et glisser dans l'audace sans gêne aucune.
J'accepte son ascendant, il est bien serviable. Pour moi tout seul... ce serait trop.
Je passe la main par derrière dans son caleçon et, sans retenue, caresser ses fesses bien charnues. Il est viril mais aime, puisqu'il laisse faire, être câliné comme une poupée.
Après l'échauffement, on verra. L'incruste que je suis s'intègre pour l'instant bien. En parlant la même langue, c'est plus facile de s'intégrer. J'assimile vite leurs sentiments, je me fonds dans leur couple, et le plaisir est triple.
Tiens, je suis chez moi. Mais dans ma chambre. Nous y serions mieux.
Ce n'est pas vraiment ma maison, ça ne l'est plus, mais ça l'est là, ce n'est pas vraiment ma chambre, ça ne l'est pas encore, mais ça l'est là, c'est compliqué, mais je me comprends, et j'entraîne mon habile camarade en face, laissant derrière son petit ami.
Je nous fais nous asseoir sur mon lit. Rapidement (aurais-je peur qu'il s'échappe), j'allume un petit radio cassette que j'avais avant, que je n'ai plus car je l'ai jeté, mais ce n'est pas important, nous sommes bel et bien dans le monde réel puisque tout ce qui se passe se passe, sans pause, et, lorsque sans réfléchir, je ne l'avais prévu, j'embrasse sur la bouche ce beau garçon assis sur mon lit, ses lèvres sont douces. Tout à l'heure, ses fesses l'étaient aussi. Donc bouche et cul réels.
Son copain arrive sur le lit. Même si cela me déplaît (et ça n'est pas le cas), c'est la situation et la réalité n'est pas aussi malléable qu'un roman ou de la pâte à modeler.
Ce qui advient advient. Je le sais. Et je vais donc fermer la porte à clé.
OK, maintenant, tout est parfait. Il ne reste plus qu'à imaginer la suite.
La vie quoi.