Cauchemar
Cauchemar. A l'origine, le cauchemar est représenté sous la forme d'un fantôme ("mar") qui vient dans votre sommeil vous écraser ("cauche") de son poids, d'où cette sensation d'étouffement. Au moyen-âge, le mot "mar" avait un homonyme : "mahre", qui signifiait cheval... Dans la représentation des cauchemars, le fantôme (ou l'être maléfique) est d'ailleurs souvent sur un cheval... De cheval, il est d'ailleurs beaucoup question en ce moment, et c'est une sorte de cauchemar moderne.
Le Cauchemar de Füssli
Des industriels reconnaissent de fait ignorer ce qu'ils mettent dans leurs plats préparés. Du cheval découpé qui voyage à travers l'Europe jusqu'à nos assiettes avec des étiquettes "pur boeuf"... Tout le monde s'étonne, et les différentes entreprises se renvoient la balle. Personne ne savait... Ce qui colle bien avec l'époque : on ferme les yeux et on avale des couleuvres.
L'important pour un industriel n'est pas la qualité de la matière première : à coup de colorants, arômes artificiels, gras et sel ajoutés, il nous donne ce qui satisfait notre palais plus vraiment fin. Une barquette de lasagnes sur les genoux, nous regardons à la télé un concours culinaire où des candidats rivalisent d'ingéniosité pour bien "sublimer les produits" (le jury dira : "hum, c'est malin !"). Mais dans les restos, c'est plutôt plats sous vides au menu...
Quand je travaillais dans l'agro, j'entendais parfois l'acheteur commander de "la vieille poule" du Brésil ou de Pologne. Sur l'étiquette d'un plat, "vieille poule", ça le fait moyen. "Vieille carne" aussi... Cela dit, les consommateurs sont aussi hypocrites que les producteurs : la plupart du temps, on ferme les yeux sur la qualité de la nourriture, pour manger pour pas cher.
C'est tout de même une drôle d'époque que nous vivons. Nous baignons dans la haute technologie (les smartphones, les tablettes tactiles, les écrans plats connectés), un présent qui est le futur rêvé d'hier (il ne manque plus que les voitures volantes quoique, niveau équipement, nos véhicules sont déjà futuristes) ; tout cela en pleine période de crise, de chômage, des millions de personnes mal logées... A coup de crédits à la consommation, on a l'illusion d'être "modernes". La publicité est partout nous décrivant un monde rêvé où tout est beau et bon pour nous et nous y croyons
Ce n'est pas un résumé très réjouissant de la situation, mais je ne pense pas que ça va s'arranger ! On ne croit plus en rien, surtout plus aux hommes politiques. Nous remettons notre destin aux mains des puissances économiques, des grands groupes industriels aux nouveaux géants du net qui nous vendent du pain et des jeux (panem et circences) que nous consommons avec frénésie, en se réjouissant de pouvoir consommer...