La dernière fois que je suis allé à un concert, c'était celui d'O., c'était chaud.

Au stade (de France), J. enchaîne ses anciens tubes, c'est un peu long parce qu'il en a un paquet au compteur. Je suis étonné de trouver dans le public Y., je suppose qu'il a gagné la place à un jeu. Je l'ai connu à la fac de B.

Je ne suis pas resté jusqu'à la fin. Je me suis retrouvé ensuite à un petit concert de Z. J'étais au premier rang. Ce fut spécial.

Z. est apparue sur scène à moitié nue, et la moitié du bas nue. Même pas une petite culotte. Rien, mais alors rien pour couvrir son intimité. Certaines ont le ticket de métro, elle, c'est une resquilleuse. De sa part, une telle impudeur est étonnante : c'est une chanteuse à textes, intello même.

Comme la scène est surélevée - comme toute scène digne de ce nom - son intimité était placée face à des centaines de regards. Je ne sais pas pour les autres, mais moi, ça me gênait, et je levais mon regard vers son visage.

Elle vient vers moi. O. aussi était venu vers moi. A croire que je ne passe pas inaperçu. Je suis pourtant assez banal. Mon regard plus haut que celui des autres peut-être.

Elle s'agenouille sur la scène et se penche pour venir cueillir un baiser sur mes lèvres.

Oui, bon, mignon, mais pas de quoi me faire tourner la tête, ni autre chose d'ailleurs.

Plus tôt dans la semaine, à B., je tombe sur une sorte de set électro, en pleine rue, en plein jour. Je reconnais derrière les platines ensoleillées, P., fils de N., frère de J, . Malgré cela, c'est un garçon qui veut rester discret, dit.on. Ce set n'a pas été annoncé, ce qui explique l'absence de journalistes, de caméras, de photographes ; comme c'est le début, seuls quelques curieux se sont pour l'instant arrêtés.

(A une époque où certains livrent père et mère pour passer ou rester sous les projecteurs, c'est étonnant mais tout à son honneur de refuser une célébrité facile.)

Lorsque je braque mon portable vers lui pour le prendre en photo, il arrête le set et fonce vers moi pour me demander gentiment d'arrêter ça tout de suite.

Sur le coup, je lis dans son regard davantage le poids de sa détresse que celle de la menace. Regard de bête traquée par les paparazzis ou les simples apprentis chasseurs de visages ou de culs connus.

Cette prestation publique a dû lui demander un effort.

La photo que je viens de prendre, je n'ai aucune intention de la revendre au plus offrant. Juste capturer l'image de ma rencontre avec lui, X dont je me fiche du nom ou du prénom mais... qui... m'attire, voilà, c'est dit. Il se détend en entendant mon aveu... Ah bon... Attends-moi. Il repart vers les platines.

Après, il m'amène ailleurs. Les toilettes d'un bar, pour me fouiller. Puis, adaptation d'une vieille comptine : Promenons-nous dans les bois, Pendant que le loup n'y est pas.

Au début, ça faisait tellement bizarre quand quelqu'un me touchait, me caressait. Mais j'étais bien. Oui, j'étais bien. (Wuppertal)
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