Le pain de la bouche
Hier soir, j'ai regardé The Voice. C'était moyen. Moyen de raccourcir autant les morceaux. Deux minutes à peine pour Tous les cris les SOS, 5 min 05 en version originale de Balavoine. Je comprends qu'il y a 20 candidats par émission... Un couplet, un refrain pour montrer son talent, enfin, c'est plutôt un concours de "personnalité" en si peu de temps... Pour le télé-spectateur, c'est frustrant. Pour celui qui le vit, ça doit être le pied, avant la débandade si élimination directe.
L'instant de grâce, l'instant propice, l'instant solennel, l'instant présent, pesant ou réjouissant, tant et plus à vivre... Instant volé, à un autre... C'est la vie...
J'arrive à point nomme bien que point appelé, pour "aider" mon frère. Il est dans la cuisine avec un ami. Devant l'évier pour être précis. Comment ? Tu n'arrives pas à embrasser ton copain, frérot. Je joue les pros du kiss, qui propose une démo sur-le-champ.
Ils n'avaient rien demandé, ils se regardaient, ils allaient se rapprocher et j'arrive pour enlever comme qui dirait le pain de la bouche de mon frère. Quoiqu'on fasse, on agit rarement avec désintérêt et l'intérêt pour un garçon mignon est difficile à nier... Ah ! Je m'interpose et je propose sans qu'on s'oppose...
Réjouis-toi de tout ce que tu peux... Ce délice-là, nul besoin de se forcer. Nos lèvres n'ont pas à se chercher, c'est tout de suite qu'elles se trouvent, se trouvent bien les unes contre les autres, comme une danse lente, avec une sensation infinie de douceur (qui entre dans la mémoire et y restera longtemps).
Très bien tout ça. Bon, moi, il faut que j'y aille. (Je les laisse ensemble. Mon frère passera-t-il après moi ? A lui de voir...En tout cas, j'espère qu'il ne m'en voudra pas).