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La dernière fois que j'ouvrais à nouveau ce journal pour y écrire quelques lignes, c'était le 16 mars, avec un billet sur l'étrange histoire du vol de la Malaysia Airlines. Le précédent billet date du 17 février. Il faut dire que je suis trés occupé en ce moment, et par ailleurs je manque de ma matière préférée : de bons rêves. J'écris "par ailleurs" alors que le lien de cause à effet est fort probable... Pour bien rêver la nuit, il ne faut pas être trop fatigué, ni avoir l'esprit préoccupé par mille choses à faire le lendemain.
Le rêveur arrive tout de même à s'affirmer après de nombreuses nuits :
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Il trouve à l'aube la lumière claire d'un visage d'un autre côté du monde, ce côté-là qui l'a toujours attiré, il ne sait pas pourquoi, il va souvent en Asie ou fait venir à lui des gens de là-bas... Celui-là est Chinois, il est tombé du ciel pour que lui en tombe amoureux. "Tomber amoureux" comme tomber raide dingue à genoux à ses pieds... pour lui demander illico sa main. Il n'a pas le temps, il le sait, il sait que le dormeur va se réveiller... Et puis, c'est l'évidence même, il ne trouvera jamais mieux : ce garçon est, pour lui, la perfection même. Pour lui, comme pour moi : j'essaye de me souvenir de lui et le peu qui me revient m'émeut fortement... J'aurais peut-être aussi voulu l'épouser pour vivre et mourir à ses côtés. Mais comment lui faire ma demande ? Il ne parle pas français. Il parle anglais un peu, c'est à dire mal comme moi, en bredouillant, ce qui fait perdre tout sérieux. Il se pourrait pourtant qu'il veuille bien que je prenne sa main car il me laisse le regarder et lui sourire - ce qui n'est pas évident - et me sourit.
Il porte un carton sous son bras. Un colis ficelé sans étiquette d'adresse. Pariant qu'il ne va pas poster ce colis à quelqu'un, je sors un stylo et écrit sur une des faces : "+ a lover". Pour qu'il m'emporte avec lui dans son pays, ou n'importe où ! Mon stylo dérape sur la dernière lettre qui prend une forme de... oui on dirait bien "an ele.... - phant". Il voit le même animal que moi à la place du R. Et dans la boucle du O ou du V, nous voyons d'autres choses, d'une taille minuscule, mais nous les voyons tous les deux, c'est fascinant...
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