Regarde-nous
Une première moto ; puis une seconde ; qui entrent dans le bâtiment public. Pas tout à fait normal. Comme du reste ce qui a précédé. Et ce qui suit l'est encore moins. Le second motard descend de sa moto, dans mon dos, et il s'appuie d'une main sur mon épaule pour... je ne sais pas quoi, je ne me retourne pas pour voir (remettre en place sa chaussure ?). Mon attitude est encore plus incroyable que la sienne : je ne bronche pas, je me retourne pas, je le laisse s'appuyer sur moi et, à vrai dire, j'y prends un certain plaisir. Il retire sa main pour enlever son casque. Là, je me retourne. Non, je ne me retourne pas, je fais plutôt un pas en arrière et trouve un joli garçon roux portant un blouson de cuir bleu. Il me sourit. Alors qu'il s'avance, je le suis en marchant à reculons pour ne pas lâcher son sourire, lequel ne retombe pas...
Il est sublime... Et moi ne le suis-je pas ? En reculant pour le regarder, je semble aussi lui dire "regarde moi", ne suis-je pas beau ? "Regarde-moi, regarde-nous", comme le scande cette chanteuse de variete-r'n'b jusque là abonnée aux complaintes de pauv'fille abandonnée (Ne retiens pas tes larmes, Tu n'es plus là, Où je vais, etc)