3 fois Lucas
1. Tignasses (13 novembre)
Je retrouve Lucas dans une salle de classe. Je ne vois que lui, en face de moi, bien que nous formons un groupe de travail avec deux autres garçons. Nous planchons sur un exercice de droit assez compliqué. Lucas ne connaît rien en droit, il est en lettres ! Lucas pourtant est plongé avec sérieux dans les textes juridiques. A quoi ça rime ? Je passe de l'autre côté de la table... Mon irritation s'envole vite en m'approchant de Lucas, une pulsion bestiale me conduit à frotter ma tignasse brune contre la sienne, il ne recule pas, c'est au contraire une tendre embrassade (capillaire), tendre bien que sauvage, primaire, car ça ne se fait plus depuis l'âge de pierre... Nos chevelures déjà hirsutes s'ébouriffent, s'emmêlent les uns dans les autres au dessus du trouble de nos âmes. Nos visages pâles ne connaissent pas les baisers mais ce n'est pas important.
2. Cabine téléphonique (22 novembre)
A la suite de nombreuses péripéties, je suis avec Lucas en situation de danger, je dois appeler du secours. Je n'ai pas de portable, je rendre dans une cabine téléphonique, Lucas reste dehors, sur le côté. Je ne compose pas le 17, j'ai le numéro d'un pote flic que je peux appeler... mais impossible de mettre la main sur le petit bout de papier où j'ai écrit son numéro, je fouille toutes mes poches sans succès.
Quelqu'un frappe à la vitre. "Chacun son tour, comme à la Poste." Non, ce n'est pas ce numéro... Et dans la poche intérieure ? ... Rien. Un coup d'oeil à gauche, Lucas est toujours là. Ne t'envole pas Lucas... Ca ne risque pas, il est serré par deux loubards à la mine patibulaire... Je m'inquiète pour Lucas... S'il lui cherche des noises, ils vont me trouver. Tout à l'heure, j'ai frappé un mec à coups de clavier...
3. Supermarché (23 novembre)
Dans un supermarché, je retrouve Lucas devant moi au rayon "hygiène et beauté". Je le rattrape et, la mine réjouie, lui dit bonjour. Lui ne sourit pas : "Tu me suis ?
- Te suivre ? Qu'est-ce que tu racontes ?
- Ca va, j'ai compris ton manège.
- Quel manège ?
- Il faut que tu me lâches, t'as compris. Si tu m'aimes, laisse-moi tranquille.
- Mais...
- Il faut que tu arrêtes. J'ai ma vie et tu as la tienne."
Sur ce, il s'en va vers les caisses sans se retourner.
A suivre ?