Fringale
Un après-midi d'été...
Dans la rue, assis sur un banc...
Le catalogue est arrivé dans mes mains comme tombé du ciel. Je n'ai rien demandé mais je l'ouvre. Première page, une photo de femme avec un descriptif et un détail des tarifs. Je referme aussitôt le catalogue. Sur la couverture, je vois qu'il y a un petit compteur qui indiquait un prix, 2 €. Ce prix, je le comprends de moi-même, correspond à ce qui m'est facturé chaque fois que je tourne une page du catalogue.
Comme le catalogue ne m'intéresse pas, comme je ne veux pas m'acquitter de la somme à payer, je cherche à m'en débarrasser. Deux gars se tenant par la main passent devant moi. Je glisse le catalogue dans le sac d'un des garçons, grand sac en papier d'un magasin de prêt à porter.
Le poids supplémentaire dans son sac avertit le garçon qui s'arrête et se retourne vers moi. Je me lève, pour être prêt à fuir ! Le garçon, de mon âge mais un peu plus petit que moi, s'approche, sort le catalogue de son sac et me le tend : "Je crois que c'est à toi." Honteux, je saisis le catalogue, le pose sur le banc.
"Désolé, je n'aurais pas du...
- Y'a pas de mal..."
Le garçon s'approche davantage, vient se coller contre moi. Sa main droite vient caresser mon entre-jambe. Par dessus son épaule, je vois son copain trois pas en arrière nous regarde avec dédain. Le garçon tombe à genoux, me débraguette et la suite coule de source. Pendant qu'il oeuvre pour mon plaisir, je regarde dans les yeux son copain, jeune beur, qui me trouble avec son air très sévère.
Au bout de 30 secondes, il vient tapoter sur l'épaule de son copain : "Pas en pleine rue."
Je dis : "Oui, allons ailleurs." Je présume - peut-être à tort - qu'il veux que nous continuons ailleurs tous les trois ce que son copain et moi avons commencé.
J'ai envie de lui, de ce garçon plein de morgue, viril en surface mais sans doute doux à l'intérieur. Ma bouche a envie de lui ou j'ai envie de sa bouche ; mon désir est confus, les images dans ma tête se mélangent...
Les deux garçons me suivent là où je les mène. Je n'en veux qu'un mais j'aurai les deux. Où je les mène ? Où notre trio va-t-il goûter aux plaisirs buccaux ? Dans un cadre bucolique, verdoyant, dans le jardin secret près de chez moi, secret parce que personne n'y met les pieds, jardin abandonné d'une maison abandonnée. Là, j'allais jouer enfant. Là, il fait frais, là entre les arbres, nous serons tranquille, n'est-ce pas ?