Une petite salle de projection... Je dois y voir un clip de Mylène Farmer mais voilà que la chanteuse vient rien que pour moi tout seul chanter ! C'est la première fois que je la vois en chair et en os. Enfin plus en os qu'en chair. Toute menue, elle a la frêle silhouette d'une Audrey Tautou. Je la voyais plus grande et surtout plantureuse (même si, pour moi, ça compte très peu...).
Emballée dans de la crêpe noire, elle pleurniche en chantant : deux vers susurrés, un sanglot ! Mais, attention, je ne serai pas celui qui jettera la première pierre. Même si elle n'est là que la caricature d'elle-même, j'adore la chanson qu'elle interprète pour moi : "Si j'avais au moins revu son visage"...

Au milieu de la chanson, elle s'interrompt et me demande de sa petite voix : "Vous voulez un autographe ?" Pourquoi pas ? Là, sur le livret du seul album que j'ai d'elle et que j'ai justement sous la main ?

Je ne sais pas si elle a eu le temps de me dédicacer le livret avant de disparaître. Soit dit en passant je ne suis pas sûr que son apparition n'a pas été une illusion. Ce n'était pas, à tous les points de vue, vraiment elle.

Sur mon strapontin au premier rang, je la vois maintenant sur l'écran dans la clip que je suis venu voir. Me rejoint vite dans la salle un garçon : peut-être un autre admirateur, peut-être un ami, peut-être une illusion aussi.

Il s'assied juste à ma droite et, tandis que le clip tourne, le rapprochement entre nous est immédiat. La chanson parle de sexe, de sexe long, ce qui d'emblée nous émoustille. Et puis c'est tout honnêtement l'attraction universelle de deux corps transpirant de désir. Zappons approche timide, drague maladroite, bavardage inutile... Nous n'avons pas le temps : quand le clip sera fini, la lumière s'allumera et qui sait ce qui se passera, qui viendra nous déranger. Maintenant ou jamais... Oh, rien de très osé mais le plaisir infini se cachant dans les choses les plus simples : nous nous frottons l'un à l'autre vêtement contre vêtement qui, caressant nos corps, les échauffent davantage ; les mots que nous ne prononçons pas sont chantés par la chanteuse mais, à vrai dire, je ne les entends pas ; je dois passer ma main dans ses cheveux courts et ma tête lourde descend derrière lui ; c'est sa nuque bien dégagée que je choisis : du côté droit, ma bouche s'y pose, mes lèvres disposent, elles embrassent d'abord pieusement, c'est un baiser de rien du tout sur la peau épaisse de la nuque, puis, avide, mes lèvres aspirent la peau et c'est alors un léger, tout léger mais long suçon...

Léger car je suis de nature douce et prévenante : nous nous connaissons à peine et, si nous sommes tout de suite passés à l'amour physique, je ne voudrais pas le brusquer, quelque soit son expérience ; et surtout je ne voudrais pas laisser de marque sur sa nuque...

Quand mes lèvres lâchent sa peau et que je relève la tête, la pellicule se déchire, les strapontins claquent dans le vide, la salle se rallume, il n'y a plus personne.

  • Lien permanent : Le baiser dans la nuque : http://en-revant.blogspot.com/2010/04/le-baiser-dans-la-nuque.html
  • Envoyer par mail