La fin de l'été
30 août.
Etait-ce lui ? Je jurerai que oui. Sinon, j'ai embrassé un autre garçon.
1er septembre.
Je n'ai pas roulé longtemps à travers les steppes, je n'ai pas marché du tout (et je pense ici au film Uzhlan de Volker Schlöndorff), je n'ai pas pris un avion, j'étais en Chine avant de m'en apercevoir. J'étais dans un casino, un casino semblable à n'importe quel casino dans le monde... Et il était là, près des machines à sous.
Je ne sais pas si j'ai fait le voyage uniquement pour lui. Il n'était pas seul, des garçons que je connais l'accompagnaient... Il m'a invité à prendre un café.
C'est par la fenêtre que j'ai vu l'impressionnant champignon atomique monter et grossir dans le ciel entre les buildings. La Chine était attaquée.
Nous nous sommes précipités vers le premier ascenseur.
Le hall de l'hôtel-casino était en feu mais nous avons réussi à sortir sain et sauf en passant entre les flammes.
2 septembre.
Le désespoir noir inonde mon âme. Est-ce ici la fin ? Oui, j'en ai la certitude. Comme un malade qui se sait condamné... Je n'ai jamais été très malade, mon corps est sain mais je n'ai plus la force de continuer. J'erre à travers les rues sans but donc, ou juste une escale avant le naufrage. Je voudrais le revoir avant... Même si le voir ne changera rien : l'amour ne peut pas tout. Je vais jusqu'à chez lui, et comme un amoureux venant jouer une sérénade, je vais sous la fenêtre de sa chambre. Il est là, je le vois passer entre les rideaux... Mais il ne me voit pas... Je reprends ma route...Mon errance me fait le retrouver avec M. dans mon ancien lycée. Et j'oublie mon sinistre désespoir.
3 septembre.
Il neige. C'est drôle parce que parfois il neige dans mes rêves... l'été ! C'est con la neige mais c'est tout de même beau...
Je ne sais pas si je vais mieux, mes rêves en ce moment ne me renseignent pas beaucoup sur ce point... Le jour, j'évite de trop penser, ce qui est la meilleure chose à faire en ce bas monde.