Sous la couette
Ma tête sort de sous la couette.
Qu'est-ce donc encore ?
Ah, lui, mon ancien prof d'éco en term'. Les grands hommes m'ont toujours impressionné positivement. Lui culmine à 1 m 85 mais trop raide, rigide, il m'in-timidait.
"La crise a augmenté les écarts de salaire. Même en Suède. Pourquoi est-ce étonnant ?"
Quelle idée de faire cours dans ma chambre ! Ou bien j'ai été transporté avec ma chambre et mon lit au lycée quelques années en arrière. En tout cas, faisons avec la situation.
Lorsque je lève le doigt, le prof me sourit ; je réponds : "Parce que les pays nordiques sont connus pour l'équité salariale
- C'est à dire ?"
La couette glisse dévoilant mes épaules maigres et nues. Comprenant ma gêne, le prof me laisse. De sous la couette, je sors mon tee-shirt rouge roulé en boule. Pour l'enfiler, je découvre mon torse à la peau blanche collée aux os. Pour la pudeur, on repassera.
L'histoire prend une tournure surprenante lorsque la classe devient un plateau d'une émission de type talk-show avec divers invités. Je suis toujours dans mon grand lit, rejoint sous la couette par un footballeur.
Qui sont les autres invités, qui est l'animateur ? Je me souviens juste de ce qui va se passer sous la couette... Autour de mon lit, le décor est mouvant avec des personnes changeantes ce qui crée chez moi un petit sentiment de gêne...
Le footballeur lui a pour devise "pas vu, pas pris" et, se moquant même de mon consentement, glisse sa main droite sur mon sexe qu'il attrape de travers. Il est Espagnol et ne parle pas bien français. Il est bien bâti pas le genre courtaud, mais il ne me plaît pas vraiment, mâle mal rasé mal dégrossi malgré l'argent et la gloire.
Je ne suis pas un jouet sexuel ! Sur mon visage, une légère grimace ; mais très vite se forme un sourire : le sexe sans amour, sans désir reste du sexe ; rien de promis, tout a gagné.
En signe d'accord, j'avance une main qui se place sur la sienne pour l'aider... J'aime ce moment.
Vite, il passe se tête sous la couette. D'après la façon dont il s'y prend, je sens qu'il n'est pas vraiment expérimenté. Certes, plié en deux sur le côté, il n'est pas dans une position idéale...
Finalement, je trouve assez honorable qu'un grand footballeur comme lui (son nom m'échappe, mais je sais qu'il joue à Marseille) m'accorde cette faveur buccale. Hélas, il ne peut s'attarder sous la couette étant donné la situation. Et puis, il doit partir. Sans moi bien entendu. Il doit s'envoler pour Madrid où il va signer son transfert au Real, m'explique-t-on. Il n'a pas son mot à dire, l'OM l'a vendu, mais, vu son futur salaire, il n'est pas à plaindre. Sa cote au mercato dépend de sa réputation dépendant elle-même de ses performances sur le terrain et de sa vie personnelle. Il ne peut publiquement se dire homo. Les gamins n'achèteraient plus son maillot ; or les clubs font leur beurre sur la vente des maillots. Pour satisfaire ses désirs, j'imagine qu'il ose quelques relations clandestines et brèves. Je n'ai été qu'un désir vite expédié. Moi qui commençais à m'attacher !