Des vagues d'émigrants - qui n'ont pas la même religion que les habitants - envahissent la Bretagne, s'installent dans la région, créent des communauté et construisent des lieux de culte pour convertir les habitants...

C'est au Ve siècle que, venus du Pays de Galles et de Cornouailles, les Celtes insulaires viennent en Armorique avec dans leurs bagages la religion chrétienne alors que les autochtones sont tous ou presque païens. Les païens, ce sont alors ceux qui ne sont pas évangélisés ; le paganisme regroupe différents cultes polythéistes se rapprochant des mythologies grecques et romaines et comprenant de nombreuses légendes.

Pendant plusieurs siècles, les Bretons restent païens. On retrouve dans la région d’importants vestiges des religions celtes – alignements de pierres, vestiges des cultes anciens et druidiques, c’est-à-dire ordonnés par les druides, qui sont à la fois des prêtres, des poétes et des philosophes. Au détour d'une promenade en forêt, il n'est pas rare de tomber sur d'étranges pierres couvertes de mousse (http://sirenemelusine.canalblog.com/archives/2009/04/01/13215610.html)

Comme la terre bretonne est une terre profondément païenne, aucun monument n'est nécessaire pour retrouver la religion ancienne.

Dans ses souvenirs d'enfance ("Orphelin de mer"), Eric Ollivier, écrivain et journaliste, raconte :

Je marchais, les mains pleines de pétales jaunes odoriférantes que je frottais pour les exhaler, je les passais sur mon visage quand l'instinct me força à quitter la voie découverte et à continuer la brève ascension sous le couvert des épineux dorés qui la bordaient. Et je m'arrêtais brusquement à la lisière du plateau. Comme retenu par une barrière invisible mais infranchissable. Un homme était étendu, sur le dos, les bras en croix, les paumes des mains ouvertes vers le ciel. Je croyais cet homme mort, j'hésitais à m'enfuir. Je m'approchais finalement.
C'était mon père.
Il respirait normalement. Mais il devait être absorbé par des réflexions car il mit un moment à percevoir ma présence. Un peu étonné, mais sans colère, il me demande ce que je fais là. (...)
Arthur [mon père] se lève, remet son chapeau, me sourit plus largement que d'habitude, et dit :
"Il faut aimer le soleil"
Ce bain de soleil un peu particulier, de la part d'un homme qui n'était pas de la génération tropézienne, j'en suis sûr aujourd'hui mais je n'aurais pu l'imaginer alors, c'était un rite que célébrait fréquemment Arthur, c'était sa messe au soleil qu'il trouvait tout à fait compatible avec la religion de tous les jours. (...)
Ce secret partagé entre Arthur et moi aurait sûrement scandalisé ses frères à soutane, tellement préoccupés de gommer tout ce qui avait précédé les siècles de christianisme ; aurait effarouché Térésa [ma mère originaire d'Irlande et d'Islande] , qui, bien que baptisée aux averses féériques de la magique Erin, était d'une orthodoxie parfaite à l'égard du pape catholique.(...)
Plusieurs fois je suis retourné sur les lieux de ce mystère à peine dévoilé (...). Un matin, après une nuit de pleine lune - où il avait beaucoup plu - j'ai eu droit à un autre prodige : un grand cercle de champignons, très clairement dessiné et orienté vers cet occident vers lequel Arthur s'était étendu, avait poussé.

Le soleil a tenu une grande place dans les religions anciennes. Le christianisme est lui déconnecté des astres : le soleil a été remplacé par le Ciel. L'Eglise s'est opposée à l'héliocentrisme, la théorie qui met le soleil au centre de l'univers (Galilée a été condamné en 1633 à la prison à vie par le Saint-Office).

Il n'est d'ailleurs pas étonnant que la date choisie pour la naissance de Jésus, et donc pour la fête de Noël, soit le 25 décembre. Cette date correspond au solstice d'hiver (dans l'ancien calendrier romain) et était très importante pour les hommes d'alors dont la vie était réglée sur la nature : à partir de la fin décembre, les jours cessent de diminuer pour augmenter. De nombreuses fêtes "païennes" avaient lieu à cette période pour célébrer le retour du soleil. Jusqu'à la christianisation de l'empire romain, la fête officielle du soleil a lieu le 25 décembre.

Ce n'est pas pour rien que l'éthymologie du mot "Noël" est discutée : si on retient l'origine latine - natalis pour naissance (de Jésus) - , certains penchent pour une origine grecque : néos (nouveau) et hếlios (soleil).

Dans un souci de christianiser les anciennes fêtes païennes, la fête de Noël célébrant la naissance de Jésus a été place au moment des fêtes célébrant le dieu Soleil (Sol invictus) et, dans la nouvelle tradition, le soleil n'avait plus aucune place.

(La même substitution a concerné la fête celte de Samain - ayant lieu le premier novembre - la Toussaint ayant été fixé à cette date au VIIe siècle)

Monothéiste, le catholicisme ne l'est pas vraiment : entre Jésus (fête de Noël, de Paques...), Marie (Annonciation, Assomption,...) et les saints (Toussaint), la religion devenue la première religion tend vers le polythéisme...

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