Au détour d'un rue, je tombe en arrêt un après-midi sur une belle fille que je prends pour un garçon, ou un magnifique garçon qui est une fille ; dans les deux cas, une émotion équivoque, pas franche au fond, face à une beauté asexuée (coupe courte, coiffure soignée des cheveux blonds tirées en arrière précisément et nettement qui accapare mon regard).... froide : grâce et élégance, je passe mon tour.

Je veux traîner dans les zones franches ou en friche, du côté des entrepôts vides et des taudis... ou simplement me promener encore dans le "centre-ville" pour trouver un garçon mal élevé mal peigné mal lavé mal rasé mal nourri mal logé malodorant, mal aimé qui veuille être aidé... sauvé ?

C'est une idée des mots, des images, une histoire qui m'inspirent des idées, des mots, des images, etc...

Un type.
Des pieds à la tête (assis sur mon canapé).

Tennis blanches, à l'origine, déchirées, lacérées, lacets prêts à craquer. Le jean comme une seconde peau crasseuse, marquée, tâchée, trouée. La braguette cassée (rajouterais-je).

Il pue. Tee-shirt sale auréolée - que je me vois enlever.
Pas par intérêt : je fais ma B.A. de l'année. Une simple pièce, c'est mesquin, j'offre un repas, un toit, un bain. Un bain purificateur. C'est sa saleté qui m'attire, mais je ne peux pas le laisser dans cet état.

J'oublie ceci :

La dernière fois que j'ai sauvé un garçon, c'était pour l'arracher non à la rue et sa misère mais à la mort tout bonnement.

La scène se déroulait dans le même type d'endroit où je guide par la main mon garçon de la rue : une salle de bain... que je croyais vide... mais en m'approchant de la baignoire, je trouvais dans l'eau quelqu'un. La tête sous l'eau, les yeux (bleus) ouverts qui ne regardaient pas vers la surface mais très loin là où tout se termine. Trop tôt.

Horrifié, je plongeai mes mains dans l'eau pour saisir le corps qui coulait. Hors de l'eau, les yeux s'enténébrèrent. Comme de l'encre qui se répandait de l'iris au blanc de l'oeil. Je le secouai pour chasser de ses yeux (et de son âme) ce noir glaçant.

De l'eau chaude et du savon, un cas plus facile à régler cette fois. Et aussi moins de scrupules à abuser de la situation. Je n'ai pas la vertu des héros chastes de mon enfance. S'il n'est pas contre, je ne vais pas attendre qu'il soit sec, et habillé. Bien sûr.

  • Lien permanent : 15 août : http://en-revant.blogspot.com/2012/08/15-aout.html
  • Envoyer par mail